Philo'Nat 19

Philosophons avec les enfants

Philosophons avec les enfants

Les enfants peuvent-ils philosopher ?

 

Les enfants possèdent une sensibilité aux phénomènes mystérieux de l'existence. Dés le plus jeune âge, on constate qu'ils observent, s'étonnent, questionnent le monde qui les entoure. C'est exactement ce qui caractérise l'émergence de l'acte philosophique !

 

Même si le système neurologique de l'enfant n'est pas en mesure de tenir des raisonnements aussi complexes que celui d'un adulte, les enfants sont en mesures de stimuler leur esprit. Stimuler ne signifie pas solliciter à des fins performatives, mais activer des mécanismes. Ces mécanismes peuvent se résumer sous trois formes de pensées : la pensée critique, la pensée créative et la pensée bienveillante.

" Philosopher,

c'est s'étonner "

A quelle âge commencer la philosophie ?

 

Il est nécessaire de nuancer la " philosophie disciplinaire ", de la " philosophie pratique ". Certes, l'apport des grands penseurs de l'Histoire constitue un héritage précieux pour tout individu s'interrogeant sur la condition humaine. Cependant, il n'est pas nécessaire d'être érudit, pour acquérir les mécaniques de pensée nécessaires à la maturité spirituelle.

 

Pour de nombreux adeptes de la philosophie pour enfants, la formation du jugement pratique doit démarrer bien avant 17-18 ans. On sait, aujourd'hui, que Socrate, déjà, dialoguait avec des adolescents. Montaigne, de son coté, considérait que la philosophie renfermait des leçons sur l'existence, dont il était absurde de priver de jeunes esprits en construction.

 

Michel Sasseville, figure francophone de la philosophie pour enfant, dit que l'étonnement débute par le doute. Ainsi, parce que le doute demeure  l’étonnement demeure, et parce que l’étonnement demeure le questionnement demeure, et parce que le questionnement demeure le dialogue peut continuer.

" Une question ?

Voici venu le temps de la réflexion ! "

Quelle place pour la philosophie dans l'éducation ?

 

La pratique philosophique propose un accomplissement éducatif atypique. Elle n'est pas centrée sur l'amassement d'un capital intellectuel, acquis par la transmission d'une compétence ou le partage de savoirs. Par l'ouverture philosophique, l'esprit éprouve le fait qu'il est à la source de son propre dévoilement. L'enfant devient moteur de sa pensée. Il est, ainsi, conscient, consentant et clairvoyant dans le choix de ses idées.

 

A travers son parcours scolaire, l'enfant est trop souvent vu comme un objet de savoir. Pour dépasser cette conception, parfois mutilante, la pratique philosophique se présente comme processus de construction évolutif, qui prend source dans l'élargissement du moi. En pensant par lui-même, l'enfant s'extrait intellectuellement de son état de minorité. En devenant majeur, l'enfant n'est plus un simple élément du paysage de la pensée, il en devient une partie prenante. C'est ainsi que l'autonomie intellectuelle nous permet de devenir adulte.

" Réfléchir,

c'est grandir "

Qu'apporte la pratique philosophique aux enfants ?

 

Les ateliers sont vus par Matthew Lipman, pionnier américain de la philosophie pour enfants, comme des "communautés de recherche". Il s'agit donc d'entamer, par l'intermédiaire du dialogue, la construction d'une expérimentation commune de la pensée. Celle-ci trouve sa source dans l'intersubjectivité, c'est à dire, dans la réciprocité des idées de chacun. Penser ensemble nous permet ainsi d'éprouver nos opinions, de découvrir des cheminements alternatifs, de partager des raisonnements.

 

A travers les ateliers, les enfants découvrent, sans le savoir, la richesse et la complexité de la pensée : questionner, expliquer, illustrer, conceptualiser, argumenter, problématiser, douter, induire, déduire, distinguer.

 

De même, ils acquièrent de nombreuses compétences pratiques : bienveillance, ouverture d'esprit, dialogue, temporisation, logique, estime de soi, créativité, critique, complexité.

" Dialoguer,

c'est progresser, ensemble "

Pratique philosophique et citoyenneté ?

 

Toute société humaine se construit sur des conventions. Vivre ensemble, c'est apprendre à faire des compromis, à savoir laisser une place à l'autre, tout en ne négligeant pas la sienne. La formation intellectuelle du citoyen passe par l'acquisition d'un regard critique sur le monde, d'une ouverture d'esprit et d'une capacité empathique.

 

Dans ce sens, le gouvernement français a mis place un enseignement moral et civique, visant principalement à développer les compétences suivantes, chez les enfants : culture de la sensibilité, culture de la règle et du droit, culture du jugement, culture de l'engagement.

La pratique philosophique s'inscrit pleinement dans la démarche initiée par cet enseignement.

 

L'atelier philosophique, à l'image de la notion de citoyenneté, ne vise pas la paix comme absence de désaccord, mais offre un lieu de paix qui est dédié à la confrontation apaisée des divergences d'opinions et à leurs mises en lumière. On peut, ainsi, considérer le dialogue philosophique comme un outil de prévention, voir de diminution de la violence, physique, comme psychique.

" Se questionner, s'écouter, s'entraider "

La philo pour enfants : où et quand ?

 

Les ateliers philosophiques trouvent, parfaitement, leur place à l'école, dans le cadre de l'enseignement moral et civique. Il est possible de démarrer dès la maternelle. Cependant, c'est au primaire que le dialogue se complexifie et devient utile et intéressant. C'est entre 8 et 12 ans, à la préadolescence, que le conditionnement intellectuel de l'enfant est crucial. Acquérir les compétences liées au dialogue philosophique, à ce stade, prépare l'enfant à la brusque dépressurisation de l'intelligence, souvent appelé " âge bête ".

 

Cependant, le travail ne s'arrête pas là. Intégrer la pratique philosophique au collège et au lycée est tout aussi important. Les approches peuvent différer, le dialogue devenant plus difficile. Mais, ce dernier apparait plus profond et enrichissant.

Enfin, les ateliers philosophiques peuvent donner de la perspective aux étudiants du supérieur, en leur offrant une profondeur de réflexion sur le domaine auquel ils se forment, et en les sensibilisant sur le sens et l'interdépendance de celui-ci.

 

Les ateliers philosophiques sont donc bénéfiques sur le long terme, c'est le principe de toute pratique. Néanmoins des ateliers ponctuels, en tout lieu, même hors scolaire, sont une occasion de découvrir l'étrange et agréable expérience du dialogue.

" De la Maternelle, au supérieur,

une pratique continue "

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